02.02.2006

Où Ken Adams parle d'un métal précieux : l'aluminium

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Teksid Aluminium est une entreprise américaine installée en France. Enfin, c'est assez compliqué, disons qu'en 7 ans, l'entreprise est passée du giron de Renault à celui de Fiat puis à celui d'un fond américain. A ce tire, l'entreprise applique la législation américaine, notamment celle dite "Sarbanes-Oxley" qui autorise toute personne au courant d'une malversation financière à dénoncer son patron à l'autorité de régulation économique américaine (et ceci suite aux affaires Enron et Worldcom.
Ces deux entreprises avaient un bon comptable qui auditait aussi leur compte : Arthur Andersen. En échange d'une petite commission, on pouvait faire croire qu'on était riche alors qu'on était fauché ce qui était bien pratique pour demander de l'argent à des banques qu'on ne pouvait pas rembourser. C'était embarassant alors Andersen Consulting a changé de nom, s'est appelé Accenture pour faire oublier qu'il aurait du aller en prison et on a fait cette loi.
Les zélés dirigeants de Teksid ont décidé d'appliquer cette même loi en France, au prétexte d'appliquer les mêmes procédures pour tous les sites de l'entreprise. Voilà donc nos salariés de Teksid France disposant d'une numéro vert pour dénoncer "toute conduite impliquant une comptabilité, un contrôle de gestion ou des affaires d'audit douteux, une violation de l'éthique d'entreprise ou des conditions légales ou réglementaires pourra enregistrer son message anonyme (...) sur une boîte vocale... Chaque message sera (...) écouté attentivement par le directeur d'audit et par l'avocat-conseil afin de l'examiner avec soin et de vérifier son exactitude". Zélé, le chef d'entreprise précise dans un courrier qu'il est encouragé d'utiliser également les lignes téléphoniques directes, l'e-mail, la lettre confidentielle ou la lettre anonyme adressés à lui-même ou au directeur des Ressources humaines pour dénoncer toutes les déviances sus-mentionnées.
La déviance sus-mentionnée c'est nuire à l'image de l'entreprise, c'est bien flou comme motif, non ? Surtout que si vous vous plaignez à votre patron (comme il l'encourage via d'autres moyens que ceux prévus initialement), vous ne vous plaindrez pas de votre patron. Donc si vous voulez reprendre le petit commerce de dénonciation famillial que votre grand père avait commencé durant l'occupation, précipitez-vous .... L'ère de la délation est prête à recommencer.

Pour être exact et complet : une vingtaine d'autres entreprises sont sous le coup d'une observation de telles pratiques par la CNIL. Teksid n'est pas le seul exemple. Et rien n'interdit dans la loi française la délation anonyme sur des motifs valides ou non.

01.02.2006

Où Ken Adams parle d'un métal précieux : l'acier

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La démocratie capitaliste, celle là-même que les USA sont allés installer en Iraq, révèle encore une fois son visage au travers de ce qui est en train de devenir l'affaire Arcelor. Le gouvernement chiraquiste, suivi par la presque unanimité de la classe politique, propose de réaliser un acte de "patriotisme économique".
Mittal, une entreprise indienne, veut réaliser une OPA. Entendre Dominique de Villepin prendre la défense d'une entreprise installée au Luxembourg pour se dispenser de payer ses impôts en France, c'est à se plier de rire ou à pleurer de rage.
Enfin, ça le pourrait, si on évitait de penser à la même situation si l'initiateur de l'OPA "hostile" était blanc et qu'il ne venait pas d'un pays où ils ne sont pas comme nous. On se serait peut-être dispensé d'entendre Thierry Breton vouloir donner des "leçons de grammaire" à un dirigeant d'entreprise ? Le business n'est sans doute pas un milieu d'agneaux et d'enfants de choeur, et Monsieur Mittal, malgré ses dénégations

17.01.2006

Où Ken Adams fait un jeu de mots gras et distingué

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Notre premier ministre, Monsieur De Fursac - c'est là qu'il est le jeu de mot gras, élégant et distingué - a donc décidé de lutter contre le chômage, en posant son auguste postérieur sur le droit du travail.
e Contrat à Durée Indéterminée est pour ainsi dire mort. Puisque, désormais, les patrons bénéficiant du cadeau que constituent ces contrats pour les vieux, ces contrats pour les jeunes, les contrats pour ceux qui tentent de retrouver un emploi, pourront virer qui ils veulent, comme ils veulent comme ça, juste selon leur bon plaisir.
Si Ken Adams était consultant RH, il aurait même bien une idée pour ne plus payer de congés : on te vire avant l'été, on te réembauche après et, hop, l'Assedic -tant qu'il y en a- te paye tes vacances. T'en as de la chance, petit prolo de merde ...
Evidemment, si vos parents sont fortunés, nantis de relations, vous pourrez toujours glisser une enveloppe lors de votre entretien d'embauche, ça vous donnera avec un vrai contrat de riche, de ceux qui font que votre banquier vous adressera la parole, de toute façon, vous l'êtes déjà.

21.12.2005

Où Ken Adams a passé un mauvais lundi (et tous les jours d'après aussi)

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Un lundi matin d'il y a déjà quelques temps, je me suis réveillé avec la sensation d'une gueule de bois. Je n'avais pourtant pas bu. Juste vu ce qui me rappelait une très mauvaise soirée et s'étalait partout en couverture de quotidiens. Lundi 22 avril 2002. Je n'en dirais pas plus, l'illustration rafraichira la mémoire des plus distraits d'entre vous. J'ai cependant rejoint le travail avec le coeur léger. Je me suis dit que passer une bonne journée la tête dans le guidon ne pourrait pas me faire de mal. Que ça ne pourrait que me changer les idées.
Et hélas, ça ne s'est pas tout à fait passé comme ça. Ce qui m'avait ébranlé avait aussi atteint le lieu où je comptais suer sang et eau pour oublier. Un collègue, un peu con, mais finalement pas plus qu'un autre, revenait de congés. Ce voisin de bureau, de ceux qu'on subit toujours un peu parce qu'ils causent trop fort dans leurs téléphones, avait pris des vacances un peu particulières pour coller les affiches du gros porc borgne. Il triomphait donc à son retour et se devait de revenir pour prolonger de manière un peu inespérée ses vacances à lui.

Ca m'a coupé le moral. J'ai finalement opté pour la glande discrète devant l'écran en parcourant les maigres documentations "corporate" offertes par l'intranet. Et j'ai compris en parcourant l'organigramme tout le racisme de mon pays.
A mon niveau et au dessous, l'entreprise était à l'image de mon quartier : des hommes des femmes, des jeunes, des vieux, des Karim, des Catherine, des José, des Josiane.
A l'échelon supérieur, je n'ai vu presqu'aucun nom à consonnance étrangère. Juste un celui de l'africain que tout le monde connaissait : tant il était doué et efficace, remarquable mais bizarrement pas remarqué. On lui refilait toujours les sujets voués à l'échec, ceux qui servaient pas à grand chose, les cas désespérés, les merdiers dont personne n'arrivait à se dépétrer.
Au niveau du dessus : celui qui offre le droit d'être petit chef tyrannique si tel est le bon plaisir. La couleur a disparu et le sexe féminin aussi (ou presque).
Les cases des 4 niveaux supérieurs n'ont pas même besoin d'être examinées : elles ne contiennent que des Messieurs, que des Durand et des Du Pont (la particule augmente au fur et à mesure que l'on s'élève dans la hiérarchie).

Mon entreprise, comme beaucoup d'autres, était finalement bien à l'image de la France : égalitaire et bigarrée dans ses soutes, uniformément blanche et sexiste à mesure que l'on s'élève.

Enfin, ça, c'était avant ...

Maintenant, tout a changé : y compris le PDG de mon entreprise. Et puis l'Etat a créé une Haute Autorité à l'Intégration avec à sa tête l'ancien PDG d'une de ces grandes entreprises à l'image de la France.

19.12.2005

Où Ken Adams croise la mort à côté de sa machine à café.

Le Travail, c'est le pied J'ai un peu d'expérience professionnelle : cinq ans et presqu'autant d'entreprises : de le petite PME à la grande multinationale du CAC 40. Une trajectoire plutôt pas mal. J'ai commencé comme stagiaire dans un bureau à faire les photocopies de ceux qui étaient les sous-traitants des sous-traitants de ceux pour qui j'ai terminé. Et là-bas, avant que je ne parte (pour d'obscures raisons que je me dispenserais d'énumérer), plus d'une centaine de gens savaient qui j'étais, eut égard à ma position.
Une vingtaine de fournisseurs m'envoyaient leurs voeux de bonne année et les budgets sur lesquels j'ntervenais se chiffraient en millions d'Euros annuels. De quoi frimer sur un CV, non ?
Avouons que de ce trajet professionnel, je ne retiens que les brimades incessantes d'un système de management stupide enseigné par de pseudo-experts. Il est censé être moderne mais j'ai eu l'occasion de le voir broyer quelques individus. Je totalise en cinq ans autant d'expériences traumatisantes :
  • Une overdose médicamenteuse : en direct devant moi d'un employé que n'importe quel médecin aurait arrêté s'il ne l'avit pas supplié de le bourrer de cachets pour qu'il puisse continuer à aller bosser, de peur de perdre son emploi.
  • Deux crises cardiaques : de la part de cadres soit disants supérieurs qui, à l'heure du repas, usés par le stress qu'ils étaient chargés de retransmettre sur d'autres, tombaient la tête dans la choucroute Sodexho ou la purée Avenance Restauration.
  • Une tentative de suicide en direct : les architectes industriels aimant à vendre le concept des locaux d'entreprise lieux de vie, se précipiter dans le vide béant de cinq étages a été la solution la plus simple et l'occasion d'une ironique transformation en lieu de mort.
  • Un mort retrouvé au petit matin : qui faisait pester mon hiérarque. Ce précdent fâcheux (suicide ou accident cardiaque ?) le forçant à appeler la société de surveillance lors qu'il continuait à travailler seul dans son bureau après 22 heures afin qu'on puisse épargner à ses collaborateurs la découverte de son éventuel cadavre au petit matin.