22.12.2005
Où Ken Adams ne se casse pas
En dehors de la légitimité ou non du propos exprimé par Act-Up, la méthode utilisée est plus que contestable.
Le photographe de Sarkozy bâillonne la liberté d'expression sur l'Internet
Le 19 décembre 2005, le 9ème collectif des sans-papiers et Act Up-Paris lançaient l'affiche « Votez Le Pen », avec un portrait de Nicolas Sarkozy pour dénoncer la guerre menée aux étrangèrEs et la dérive du ministre de l'Intérieur vers un discours et une politique d'extrême droite toujours plus affirmée. Une affiche largement collée dans les rues de Paris et disponible en téléchargement sur le site Web d'Act Up-Paris.
Le 21 décembre 2005, les représentants légaux du photographe, utilisant des menaces de poursuites judiciaires pour « contrefaçon » d'une photographie de Sarkozy, ont contraint Act Up-Paris de retirer le visuel de cette affiche de son site Web.
Ainsi, pour la première fois depuis longtemps en France, un particulier vient de demander et d'obtenir sous la menace et au nom de ses intérêts privés, le retrait d'une expression politique diffusée sur l'Internet, sans qu'une décision de justice vienne à l'appui de cet état de fait.
Le fait d'une utilisation « non autorisée » (la fameuse « contrefaçon ») d'une photographie officielle d'un homme public ne nous semble justifier en rien, et en tout état de cause, nous apparaît comme un acte de censure pur et simple. Les intérêts commerciaux d'un photographe de régime ne nous semblent pas non plus être une raison suffisante pour interdire le libre exercice du droit de critique de la politique gouvernementale, qui devrait être celui de tout citoyen.
Qui plus est, nous sommes tout de même en droit de nous demander quel rôle réel a joué l'UMP dans cette plainte pour le moins opportune pour violation du « droit d'auteur » qui permet de bâillonner l'une des voix qui dénoncent le recyclage des idées d'extrême-droite dans la politique du ministre de l'Intérieur, en particulier, et de la droite en général (comme l'a souligné l'édition de la semaine dernière du Canard enchaîné).
C'est en tout cas ce que pourrait laisser entendre l'arrestation aujourd'hui même de plusieurs membres du 9e collectif en rapport avec cette campagne.
Considérant qu'il s'agit là d'une remise en cause de la liberté d'expression sur l'Internet, qui s'inscrit dans un contexte global de répression des mouvements sociaux et d'atteinte aux libertés publiques.
Considérant que c'est aussi une grave remise en cause du principe fondamental du droit à la critique, à la satire ou à la caricature de ceux et celles qui font profession de l'excercice du pouvoir.
Considérant qu'il est important dans de telles circonstances d'exprimer notre solidarité avec le 9ème collectif des sans-papiers et Act Up-Paris.
Nous appelons chacun et chacune à télécharger les fichiers numériques de cette affiche, à les diffuser, à les partager, à les reproduire sur leurs propres sites web ou blogs, afin que, dans le cadre répressif de l'Etat d'exception sous lequel nous vivons, la liberté d'expression garde encore un peu de sens.
21.12.2005
Où Ken Adams a passé un mauvais lundi (et tous les jours d'après aussi)

Et hélas, ça ne s'est pas tout à fait passé comme ça. Ce qui m'avait ébranlé avait aussi atteint le lieu où je comptais suer sang et eau pour oublier. Un collègue, un peu con, mais finalement pas plus qu'un autre, revenait de congés. Ce voisin de bureau, de ceux qu'on subit toujours un peu parce qu'ils causent trop fort dans leurs téléphones, avait pris des vacances un peu particulières pour coller les affiches du gros porc borgne. Il triomphait donc à son retour et se devait de revenir pour prolonger de manière un peu inespérée ses vacances à lui.
Ca m'a coupé le moral. J'ai finalement opté pour la glande discrète devant l'écran en parcourant les maigres documentations "corporate" offertes par l'intranet. Et j'ai compris en parcourant l'organigramme tout le racisme de mon pays.
A mon niveau et au dessous, l'entreprise était à l'image de mon quartier : des hommes des femmes, des jeunes, des vieux, des Karim, des Catherine, des José, des Josiane.
A l'échelon supérieur, je n'ai vu presqu'aucun nom à consonnance étrangère. Juste un celui de l'africain que tout le monde connaissait : tant il était doué et efficace, remarquable mais bizarrement pas remarqué. On lui refilait toujours les sujets voués à l'échec, ceux qui servaient pas à grand chose, les cas désespérés, les merdiers dont personne n'arrivait à se dépétrer.
Au niveau du dessus : celui qui offre le droit d'être petit chef tyrannique si tel est le bon plaisir. La couleur a disparu et le sexe féminin aussi (ou presque).
Les cases des 4 niveaux supérieurs n'ont pas même besoin d'être examinées : elles ne contiennent que des Messieurs, que des Durand et des Du Pont (la particule augmente au fur et à mesure que l'on s'élève dans la hiérarchie).
Mon entreprise, comme beaucoup d'autres, était finalement bien à l'image de la France : égalitaire et bigarrée dans ses soutes, uniformément blanche et sexiste à mesure que l'on s'élève.
Enfin, ça, c'était avant ...
Maintenant, tout a changé : y compris le PDG de mon entreprise. Et puis l'Etat a créé une Haute Autorité à l'Intégration avec à sa tête l'ancien PDG d'une de ces grandes entreprises à l'image de la France.
21:40 Publié dans Ken Adams a le droit de voter, Ken Adams n'aime pas les gens, Ken Adams n'aime pas travailler | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : France, racisme, entreprise, Haute Autorité Intégration
20.12.2005
Où Ken Adams s'indigne contre un monopole
Au fil du temps, on a eu une guéguerre Mac-PC : les gentils utilisateurs d'un environnement graphique élaboré contre les binoclards adeptes de la ligne de commande DOS. Puis Windows est arrivé et tout le monde s'est trouvé un ennemi commun : Bill Gates. Windows est devenu entre intiés Windaube. Les vilains binoclards adeptes du DOS, il y a si peu de temps, sont devenus de glamoureux utilisateurs de logiciels libres regroupés derrière l'animal le plus sexy du monde : le pingouin. Cette querelle est loin d'être finie et on en trouve encore quelques vestiges ici ou là : entre blogueurs pro "logiciels libres" et typepadiens dont le chef de file est assez visible, où dans quelques empoignades entre partisans de Firefox ou d'Internet Explorer. Les monopoles semblent toujours déplaire aux informaticiens.
Plus amusante est par contre la position de toutes ces personnes vis à vis d'un service comme Google. Les "méchants capitalistes assoiffés de cash-flow" et les "gentils libertaires tendance commerce équitable" semblent former un consensus envers cette multinationale en monopole qui habille la plupart via de la publicité sur leurs productions.
Quelque petits malins "gentils" se sont bien amusés à lancer un Google Bombing, histoire d'emmerder Nicolas Sarkozy et de le transformer en Iznogoud, puis se sont indignés que ce même personnage puisse faire lui-aussi de la retape sur internet.
Mais aucun ne s'est finalement réellement intéressé au fait que Google, via ses Adsense, ait déjà entamé une grande opération de confiscation du vocabulaire.
Dès que Ken Adams sera multimillionnaire, il lancera une grande campagne Google Adword pour que les mots "sexe énorme" et "bon coup" soient systématiquement associés à ce site, histoire de se faire harceler jusqu'en bas de chez lui.
Les artistes contemporains, eux, l'ont compris.
22:40 Publié dans Ken Adams dans la blogosphère, Ken Adams sur le web | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.12.2005
Où Ken Adams croise la mort à côté de sa machine à café.
J'ai un peu d'expérience professionnelle : cinq ans et presqu'autant d'entreprises : de le petite PME à la grande multinationale du CAC 40. Une trajectoire plutôt pas mal. J'ai commencé comme stagiaire dans un bureau à faire les photocopies de ceux qui étaient les sous-traitants des sous-traitants de ceux pour qui j'ai terminé. Et là-bas, avant que je ne parte (pour d'obscures raisons que je me dispenserais d'énumérer), plus d'une centaine de gens savaient qui j'étais, eut égard à ma position.Une vingtaine de fournisseurs m'envoyaient leurs voeux de bonne année et les budgets sur lesquels j'ntervenais se chiffraient en millions d'Euros annuels. De quoi frimer sur un CV, non ?
Avouons que de ce trajet professionnel, je ne retiens que les brimades incessantes d'un système de management stupide enseigné par de pseudo-experts. Il est censé être moderne mais j'ai eu l'occasion de le voir broyer quelques individus. Je totalise en cinq ans autant d'expériences traumatisantes :
- Une overdose médicamenteuse : en direct devant moi d'un employé que n'importe quel médecin aurait arrêté s'il ne l'avit pas supplié de le bourrer de cachets pour qu'il puisse continuer à aller bosser, de peur de perdre son emploi.
- Deux crises cardiaques : de la part de cadres soit disants supérieurs qui, à l'heure du repas, usés par le stress qu'ils étaient chargés de retransmettre sur d'autres, tombaient la tête dans la choucroute Sodexho ou la purée Avenance Restauration.
- Une tentative de suicide en direct : les architectes industriels aimant à vendre le concept des locaux d'entreprise lieux de vie, se précipiter dans le vide béant de cinq étages a été la solution la plus simple et l'occasion d'une ironique transformation en lieu de mort.
- Un mort retrouvé au petit matin : qui faisait pester mon hiérarque. Ce précdent fâcheux (suicide ou accident cardiaque ?) le forçant à appeler la société de surveillance lors qu'il continuait à travailler seul dans son bureau après 22 heures afin qu'on puisse épargner à ses collaborateurs la découverte de son éventuel cadavre au petit matin.
00:00 Publié dans Ken Adams n'aime pas travailler | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : travail, stress, management, suicide, accidents
18.12.2005
Où Ken Adams se présente
Je me dois bien de commencer par une présentation. Surtout que le titre pourrait préter à confusion : Ken Adams est un con, ça ferait volontiers croire à de la diffamation. Et c'en est d'ailleurs. Mais puisqu'il s'agit d'auto-diffamation, personne ne s'en plaindra, en tout cas, pas la victime puisqu'elle en est l'auteur. Je suis donc Ken Adams. J'aurais tout aussi bien m'appeler John Doe ou encore autrement. Disons que ce pseudanonyme va me permettre d'anonner ce que je n'ose pas émettre là où j'écris déjà sur le web.Ken Adams est un con veut dire qu'ici vous lirez tout ce que je n'ose dire ailleurs sur un weblog où j'ai un lectorat qui me suffit largement et une réputation à soigner. Ici, ne vous attendez donc ni à des périphrases ampoulées, ni à des réponses parfois un peu trop consensuelles à des commentaires. Non, ici, mes humeurs seront acides, amères, décapantes, comme mon moral est parfois décapé, sapé par cette société où je me sens décalé.
L'auteur de Ken Adams a des lecteurs. Il en est fier dans la mesure où certains lui sont fidèles depuis des mois et que la plupart est constituée de gens intelligents qui ont compris ce qu'il essayait de transmettre par les mots. Ici, aucune prétention de ce genre. Juste une aigreur intérieure à extérioser et sur laquelle personne ne pourra mettre un nom, un visage.
Certaines des choses que vous allez être amenés à lire, certaines des idées que vous allez être amenés à rencontrer vont peut-être vous écoeurer. C'est normal. Si ce n'était pas le cas, je les écrirais ailleurs.
00:45 Publié dans Ken Adams essaye de vivre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Pseudanonyme, présentation


